La première fois que j’ai bivouaqué c'était au sommet du pic d'Arriel dans les Pyrénées par une belle nuit d'été. Après une journée de marche assez éprouvante je prévoyais de passer une nuit merveilleuse et réparatrice à la belle étoile. Malheureusement, j'ai appris à mes dépends que le bivouac ne s'improvise pas. Par chance, je n'ai pas eu de conditions météo extrêmes mais mon manque d'équipement et un simple vent frais en milieu de nuit m'a vite poussé à revoir ma vision idéalisée du bivouac. En montagne, un orage localisé peut souvent surprendre les montagnard les plus aguerris transformant le rêve en cauchemar.
Mes problèmes ce soir là étaient bien moindre mais on suffit à me faire passer une nuit blanche. Le terrain était légèrement en pente, mon vieux duvet était mal adapté aux températures et pas du tout hermétique au niveau du cou. J’ai eu très froid, même après avoir sorti ma couverture de survie au milieu de la nuit. Celle-ci s'envolait en permanence à cause du vent et de mes mouvements. La nuit a été longue, très, très longue. Rien de dramatique, mais suffisamment de petits détails pour me faire prendre conscience qu'une meilleure préparation et de meilleurs équipements seraient indispensables si je devais renouveler l’expérience.
Avec le temps, mon équipement a changé. Certains accessoires ont disparu de mon sac. D’autres ne me quittent plus. Surtout, j’ai compris qu’une bonne nuit en bivouac ne dépend jamais d’un seul accessoire.
Elle résulte d’une série de choix : l’itinéraire, la météo, l’emplacement, l’organisation du sac, le système de couchage, les vêtements conservés pour la nuit et être prêt à toute éventualité. Et surtout, toujours partir accompagné.
Dans ce guide, je partage une série de bonnes pratiques. Elles ne remplaceront jamais votre propre expérience, mais elles pourront vous éviter mes erreurs de débutant et vous aider à profiter pleinement de vos premières nuits en pleine nature.
Guillaume Arbel Fondateur de Maison de la Soie et passionné de montagne
Sommaire
Une bonne nuit commence bien avant le coucher du soleil
Lorsqu’on prépare son premier bivouac, on passe facilement des heures à comparer les tentes, les duvets, les matelas ou les réchauds. Le matériel est rassurant. Il possède un poids, des dimensions, une température de confort et des caractéristiques que l’on peut comparer.
Pourtant, les nuits les plus agréables ne sont pas toujours celles où l’on dispose de l’équipement le plus coûteux ou le plus technique. Elles sont souvent le résultat d’une bonne préparation sur de multiples autres facteurs.
Un excellent duvet ne compensera pas un emplacement exposé au vent. Un matelas très confortable ne résoudra rien si vos vêtements sont humides au moment de vous coucher. À l’inverse, plusieurs décisions simples peuvent transformer une nuit ordinaire en une vraie nuit de récupération.
Avant de remplir votre sac, prenez donc le temps d’observer votre itinéraire dans son ensemble. À quelle altitude pensez-vous dormir ? Quelles températures sont annoncées pendant la nuit ? Existe-t-il un point d’eau à proximité ? Le terrain se prête-t-il réellement à l’installation d’une tente ? Le bivouac est-il autorisé dans cette zone ?
Ces questions paraissent moins enthousiasmantes que le choix d’un nouvel équipement. Elles sont pourtant tout aussi importantes.
Pour un premier bivouac, mieux vaut ne pas partir seul
Si je ne devais donner qu’un seul conseil à quelqu’un qui prépare sa première nuit dehors, je ne lui parlerais ni de duvet ni de tente.
Je lui conseillerais de partir accompagné.
La montagne est un formidable terrain d’apprentissage, mais il est toujours préférable d’apprendre de l’expérience des autres plutôt que d’erreurs qui peuvent parfois être lourdes de conséquences.
À deux ou à plusieurs, on partage aussi les hésitations. Faut-il continuer jusqu’au prochain col ou s’arrêter ici ? Le vent risque-t-il de se renforcer ? Avons-nous suffisamment d’eau pour la soirée et le lendemain matin ? Ces échanges apprennent à prendre de meilleures décisions.
La sécurité compte également. Une entorse à la cheville, une erreur d’itinéraire, une météo qui se dégrade ou un simple coup de fatigue n’ont pas les mêmes conséquences lorsque l’on est seul.
Pour une première expérience, choisissez une personne qui connaît déjà le bivouac ou rejoignez un groupe de randonneurs habitués à dormir dehors. Certaines applications spécialisées, comme Ossau.app, facilitent aujourd’hui les rencontres entre passionnés de randonnée et de montagne. Avec plus de 6000 utilisateurs actuellement, cette application est la référence pour trouver des partenaires de montagne.
Il n’est pas nécessaire de viser une grande aventure. Une marche de quelques heures, suivie d’une nuit dans un environnement accessible, suffit largement pour apprendre. L’objectif n’est pas de se mettre à l’épreuve, mais de découvrir ses réactions, son matériel et ses besoins.
Mes premiers bivouacs auraient certainement été plus compliqués si je les avais vécus seul. Les conseils transmis autour d’un réchaud ou pendant le montage d’une tente restent souvent bien plus longtemps en mémoire que ceux lus avant le départ.
Choisir son emplacement avant de sortir la tente
Lorsque l’on débute, le premier réflexe consiste souvent à rechercher la plus belle vue.
C’est compréhensible. Un coucher de soleil sur une vallée ou un sommet donne immédiatement le sentiment d’avoir trouvé l’endroit idéal. Pourtant, les emplacements les plus photogéniques sont souvent aussi les plus exposés au vent.
Il faut aussi faire attention au terrain.
Une pente à peine visible peut suffire à faire glisser le matelas et le duvet pendant toute la nuit. Une petite cuvette, agréable lorsque le sol est sec, peut retenir l’eau en cas d’averse. Une crête dégagée offre parfois un panorama magnifique, mais laisse peu de protection lorsque le vent se lève.
Je cherche une surface aussi plane que possible. J’observe la direction du vent et les éléments susceptibles de créer un abri naturel. Je vérifie également ce qui se trouve au-dessus de moi : branches fragiles, parois instables ou terrain exposé aux chutes de pierres.
Ces vérifications ne prennent que quelques minutes. Elles évitent pourtant de vrais situations à risque.
Le sol mérite aussi un peu d’attention. Des pierres saillantes, des racines ou des végétaux épineux peuvent détériorer le tapis de sol et rendre la nuit inconfortable. Il n’est pas nécessaire de transformer l’emplacement. Retirez seulement les petits éléments mobiles susceptibles de gêner, sans dégrader la végétation ni modifier durablement le terrain.
Pensez enfin au lendemain matin. Un lieu agréable à vingt heures peut devenir froid, humide ou très exposé aux premières heures du jour. Lorsque j’hésite entre deux emplacements, je choisis désormais celui qui me semblera le plus accueillant au réveil, pas forcément celui qui offrira la plus belle photo au coucher du soleil.
Dormir dans la nature reste un privilège
Le bivouac offre une sensation de liberté difficile à retrouver ailleurs. Passer la nuit loin des routes, observer la lumière disparaître sur les reliefs puis se réveiller au milieu de la nuit dans silence absolu fait partie de ces expériences simples dont on se souvient longtemps.
Cette liberté suppose pourtant quelques règles.
En France, la réglementation varie selon les communes, les réserves naturelles, les parcs nationaux et les propriétés traversées. Certaines zones tolèrent le bivouac entre le soir et le matin, parfois à des horaires précis. D’autres l’interdisent complètement ou imposent des emplacements déterminés.
Avant chaque départ, vérifiez les règles en vigueur auprès des sources officielles du territoire concerné. Une pratique autorisée dans une vallée peut être interdite quelques kilomètres plus loin. Ne confondez pas non plus bivouac et camping sauvage : le premier correspond généralement à une installation légère, pour une seule nuit, tandis que le second suppose une occupation plus longue et davantage d’équipement.
Au-delà du règlement, une règle simple guide la plupart des pratiquants expérimentés : laisser le lieu exactement comme on l’a trouvé.
Cela signifie repartir avec tous ses déchets, y compris les plus petits. Les mouchoirs, restes alimentaires et papiers biodégradables n’ont pas leur place sur le terrain. Le feu doit être évité lorsqu’il est interdit, mais aussi chaque fois que le sol, la végétation ou les conditions météo le rendent dangereux.
L’eau utilisée pour la toilette ou la vaisselle doit rester éloignée des ruisseaux et des lacs. Les produits, même présentés comme naturels, ne doivent pas être versés directement dans les milieux aquatiques. Quant aux animaux sauvages, ils s’observent à distance. On évite de laisser du saucisson au Gypaète barbu.
Lorsque vous quittez un emplacement le matin, il faut qu’il soit impeccable.
Pas de papier.
Pas de restes.
Pas de trace de feu.
Pas de végétation écrasée inutilement.
Je vous vois venir. Et comment on fait pour la grosse commission ? Idéalement, on ne laisse rien du tout en emportant un sac prévu à cet effet ! Mais si on a vraiment pas le choix, il faut prendre vraiment ses distances avec les cours d'eau et enterrer ce genre de déchet pour éviter des contaminer nos amis les animaux et mêmes nos amis les êtres humains qui pour beaucoup ne se rendent pas compte que boire de l'eau du torrent n'est pas forcément une riche idée.
Bien dormir en bivouac : penser son couchage comme un ensemble
On a tendance à penser que le sac de couchage est le point le plus important, mais il ne faut pas négliger tout le reste.
Le froid peut venir du sol. L’humidité peut provenir des vêtements. Une fermeture mal ajustée peut laisser entrer un courant d’air. Chacun de ces détails peuvent sembler anodin. Au milieu de la nuit, ils finissent pourtant par peser lourd.
Le but n’est pas de recréer le confort d’une chambre, mais de permettre au corps de bien récupérer pour profiter de la journée suivante.
Le matelas, premier rempart contre le froid
On parle beaucoup de la température de confort des duvets. On s’intéresse moins souvent au matelas.
C’est pourtant lui qui nous isole de l’humidité et du froid du sol.
Lorsque l’on s’allonge dans un duvet, le poids du corps comprime le garnissage situé sous le dos, les hanches et les jambes. Cette partie du duvet emprisonne alors beaucoup moins d’air et perd une grande partie de son pouvoir isolant. Sans matelas adapté, la chaleur corporelle s’échappe progressivement vers le sol.
Cette sensation peut surprendre. Le haut du corps paraît correctement protégé, tandis qu’un froid diffus remonte par le dos. On cherche une meilleure position, on se retourne, puis on finit par comprendre que le problème ne vient pas du duvet.
Le choix du matelas dépend de la saison, de l’altitude et de la température prévue. Sa résistance thermique, indiquée par la valeur R, permet de comparer son niveau d’isolation. Plus cette valeur est élevée, plus le matelas limite les échanges de chaleur avec le sol.
Il faut aussi tenir compte de sa morphologie et de sa façon de dormir. Une personne qui dort sur le côté n’aura pas les mêmes besoins qu’un randonneur habitué à dormir sur le dos. L’épaisseur, la largeur et la stabilité du matelas influencent directement le confort des épaules et du bassin.
Je conseille toujours de tester son matériel avant une randonnée de plusieurs jours. Une nuit dans le salon ou dans le jardin permet déjà de vérifier si le matelas est assez large, s’il fait trop de bruit lorsqu’on bouge ou si l’on touche le sol en dormant sur le côté.
En randonnée, il est important de réduire au maximum le poids de chaque accessoire. Heureusement, aujourd'hui il existe de très bons matelas gonflables à la fois confortable, peu encombrants et légers. C'est une chance même si les prix peuvent être un peu élevés pour des matelas techniques de marque. Selon moi, il ne faut surtout pas économiser sur cet accessoire hyper important.
Choisir son duvet selon les conditions réelles
Le duvet reste une pièce centrale du couchage. Encore faut-il bien comprendre les températures annoncées par les fabricants.
La température de confort correspond au niveau auquel une personne considérée comme sensible au froid peut dormir dans une position détendue. La température limite indique une situation moins confortable, dans laquelle il faut souvent se recroqueviller pour conserver sa chaleur. La température extrême relève de la survie et ne doit jamais servir de référence pour préparer une nuit normale.
Pour choisir mon duvet, je regarde donc en priorité la température de confort. Je conserve aussi une marge de sécurité, car la perception du froid varie énormément d’une personne à l’autre.
La fatigue, l’humidité, le vent, l’alimentation ou une journée passée à marcher sous la pluie peuvent modifier la manière dont le corps réagit pendant la nuit. Deux personnes installées côte à côte avec le même équipement ne ressentiront pas forcément la même température.
La forme du duvet compte également. Un modèle trop grand laisse davantage d’air à réchauffer. Un duvet trop étroit comprime le garnissage et limite les mouvements. La capuche et la collerette doivent pouvoir se fermer correctement sans laisser passer un courant d’air autour du cou.
C’est précisément ce qui m’avait manqué lors de ma première nuit au pic d’Ariel. Mon ancien duvet n’était pas seulement insuffisamment chaud. Il laissait entrer l’air au niveau du cou. Chaque mouvement créait une nouvelle sensation de froid malgré un duvet d'une épaisseur raisonnable.
Ne pas attendre d’avoir froid pour se couvrir
Lors d’un bivouac, le froid s’installe rarement d’un seul coup. Il arrive lentement, souvent au moment où l’on reste immobile pour préparer le repas ou regarder les dernières lumières.
On se dit que l’on enfilera sa veste dans quelques minutes.
Puis les épaules commencent à se contracter, les mains refroidissent et le corps doit fournir davantage d’énergie pour maintenir sa température. Lorsque l’on entre enfin dans le duvet, il faut parfois un long moment avant de retrouver une sensation agréable.
Avec l’expérience, j’ai pris l’habitude de me couvrir avant de ressentir le froid.
Dès que le soleil disparaît ou que l’activité ralentit, j’enfile une couche sèche. Je réserve, autant que possible, une tenue propre pour la nuit. Après plusieurs heures de marche, ce changement apporte autant de confort physique que mental. La journée se termine. Le corps comprend qu’il peut enfin relâcher l’effort.
Il vaut mieux éviter d’accumuler des vêtements trop épais dans le duvet. Des couches serrées peuvent gêner la circulation sanguine et comprimer le garnissage. Plusieurs couches fines, sèches et respirantes fonctionnent généralement très bien surtout avec des matières naturelles comme la laine mérinos ou la soie.
Le but n’est pas de s’emmitoufler jusqu’à ne plus pouvoir bouger. Il s’agit de conserver la chaleur produite par le corps sans créer d’humidité excessive.
Le drap de sac, bien plus qu’une question d’hygiène
Cet accessoire qui peut sembler facultatif est pour moi indispensable.
Lorsque l’on cherche à réduire le poids de son sac, tout ce qui ne semble pas absolument nécessaire finit par être remis en question. Quelques dizaines de grammes paraissent vite superflues.
Etant gérant de Maison de la soie, je connais depuis longtemps les propriétés de la soie. Je suis donc bien placé pour savoir que son intérêt dépasse largement la question de l’hygiène.
Un drap de sac limite le contact direct entre la peau et l’intérieur du duvet. Il absorbe une partie de la transpiration, retient les traces de crème solaire ou de poussière et permet de garder le sac de couchage propre plus longtemps.
Ce point est loin d’être anecdotique. Un duvet se lave avec précaution et le moins souvent possible. Protéger son garnissage permet de préserver son gonflant et ses performances au fil des saisons.
Le drap de sac améliore aussi la sensation au contact de la peau. Après une journée de marche, lorsque les jambes sont fatiguées et parfois encore couvertes de poussière, cette couche légère crée un environnement plus agréable pour dormir au lieu d'être en contact direct avec une matière synthétique. Elle accompagne les mouvements sans donner une sensation de matière collante chargée d'électricité statique. En plus elle régule mieux la température que toute autre fibre textile.
Elle n’ajoute pas plusieurs saisons à un duvet et ne remplace jamais un équipement adapté. Son rôle est plus discret : améliorer le confort, protéger le sac de couchage et apporter une légère couche de confort qui améliore le sommeil sans encombrer le sac à dos.
Etant convaincu depuis longtemps de l'intérêt de ce produit, j'ai récemment créé ma propre marque de draps de sac. Pour mes sorties, j’utilise donc aujourd’hui le drap de sac en soie Silk Peak que j'ai moi même conçu dans les moindre détail pour répondre à mes besoins pratiques. Je cherchais un modèle suffisamment compact pour les randonnées itinérantes, mais assez confortable pour que son poids reste raisonnable. Il fallait aussi qu'il soit facile d'y rentrer et que le sac soit facile à refermer avec un scratch. On est jamais si bien servi que par soit même.
Fabriquer un oreiller avec ce que l’on transporte déjà
L’oreiller est rarement considéré comme une priorité lorsque l’on prépare un sac de randonnée.
On s’imagine pouvoir dormir sur une veste pliée ou sur le sac contenant ses vêtements. La solution fonctionne parfois. Elle se transforme aussi facilement en boule compacte qui glisse sous la nuque au milieu de la nuit.
J’ai essayé plusieurs oreillers gonflables. Certains étaient très légers, d’autres plutôt confortables, mais je n’ai jamais vraiment apprécié leur contact ni le bruit produit au moindre mouvement.
J’utilise aujourd’hui une méthode beaucoup plus simple.
Je place ma doudoune, ma polaire ou quelques vêtements dans une taie d’oreiller. Il suffit d’ajuster la quantité de textile selon la hauteur recherchée. L’ensemble épouse mieux la forme de la tête et permet d’utiliser des vêtements déjà présents dans le sac.
La fermeture à glissière est ici particulièrement utile. Elle maintient le contenu à l’intérieur et évite de récupérer sa doudoune au fond de la tente après s’être retourné pendant la nuit.
Pour cette raison, je préfère emporter une taie en soie et coton ou une taie en soie 19 mommes qui ont l'avantage d'être équipées d’une fermeture éclair. La douceur de la soie apporte un vrai confort au niveau du visage, tandis que la fermeture transforme simplement la taie en oreiller de bivouac.
Ce n’est pas l’accessoire le plus technique du sac. C'est pourtant tellement agréable de poser la tête sur un tissu propre, naturel et sain pour la peau comme la soie. Pour moi c'est un réflexe au même titre que le drap de sac en soie.
Protéger les extrémités sans remplir son sac
Les premières heures de la nuit ne sont pas toujours les plus froides. La température descend souvent davantage avant le lever du jour, au moment où le corps est profondément endormi et produit moins de chaleur.
La tête et les mains deviennent alors des points sensibles.
Pour les nuits fraîche, un bonnet permet de conserver une sensation de chaleur sans devoir ajouter une couche épaisse sur tout le corps. Il doit rester respirant et suffisamment souple pour être porté longtemps sans créer de pression.
J'ai justement créé le bonnet en cachemire et soie Silk Peak. Grâce à sa doublure en soie, ce bonnet est super confortable tout en étant chaud grâce à l'extérieur en cachemire.
Pour ceux qui ont tendances à avoir froid aux extrémités, ce qui est mon cas, je conseille aussi l'utilisation de sous-gants en soie. Ils peuvent être utilisés seul pour la nuit. Ils respirent donc on ne les sent presque pas mais ils sont la pour éviter de se réveiller avec le bout des doigt paralysés par le froid.
Ils sont particulièrement appréciables lorsque l’on doit manipuler le réchaud, préparer le petit-déjeuner, replier une toile humide ou ranger les sardines au petit matin. Des gants épais protègent mieux du froid, mais ils compliquent les gestes. Une paire de sous-gants fins en soie permet de conserver une partie de sa dextérité.
Là encore, il ne s’agit pas d’emporter un équipement supplémentaire pour chaque situation. Le bonnet et les sous-gants peuvent être utilisés pendant la marche, lors des pauses, au campement et pendant la nuit ou même en complément de la couverture de survie. Les blessures n'arrivent pas qu'aux autres et il devient parfois vital de pouvoir se réchauffer en attendant les secours.
Le poids ne raconte pas toute l’histoire
Avant chaque départ, il faut accepter une évidence : tout confort a un poids.
La vraie question n’est donc pas de savoir si un accessoire pèse quelques grammes de plus. Il faut se demander ce qu’il apporte pendant la randonnée et, surtout, s’il sera réellement utilisé.
Un objet très léger qui reste au fond du sac est toujours trop lourd.
À l’inverse, une taie transformée chaque soir en oreiller, un drap de sac utilisé en refuge comme sous la tente ou un bonnet porté pendant plusieurs heures justifient facilement leur place.
Je ne cherche pas forcément à composer le sac le plus léger possible. Je cherche à composer un sac cohérent avec l’itinéraire prévu.
Un accessoire doit emplir plusieurs fonctions ou apporter un confort notable pour améliorer la récupération.
L’équipement indispensable : emporter ce qui sert vraiment
Après quelques bivouacs, on finit presque toujours par retirer davantage de choses de son sac qu’on en ajoute.
Au début, la tentation est grande de prévoir une solution pour chaque éventualité. Un vêtement supplémentaire au cas où, un accessoire de cuisine supplémentaire, une seconde batterie, quelques réserves alimentaires de sécurité… Pris individuellement, chaque objet paraît raisonnable. Ensemble, ils peuvent rapidement transformer un sac agréable à porter en véritable fardeau.
À l’inverse, partir trop léger peut obliger à improviser lorsque les conditions changent.
Pour éviter les doublons, je conseille de raisonner par fonction.
L’abri : tente, tarp ou autre solution ?
Pour débuter, la tente reste généralement la solution la plus rassurante.
Elle crée un espace clairement délimité, protège du vent et des précipitations et offre une barrière appréciable contre les insectes. Les modèles modernes permettent aujourd’hui de trouver de très bons compromis entre poids, habitabilité et résistance.
Le tarp intéressera davantage les pratiquants qui recherchent la légèreté et qui ont déjà une certaine expérience du terrain. Il offre une grande liberté d’installation, mais demande de savoir anticiper la direction du vent, la pluie et l’écoulement de l’eau.
Quelle que soit la solution retenue, je conseille de la monter au moins une fois avant le départ.
Dans un jardin, sur une pelouse ou même dans un salon si l’espace le permet.
Lorsque l’orage arrive ou que la lumière commence à disparaître, ce n’est pas le meilleur moment pour découvrir qu’un arceau doit passer dans un fourreau particulier ou qu’un hauban manque à l’appel.
Prenez aussi quelques minutes pour vérifier les sardines. Le modèle parfaitement adapté à un sol meuble peut devenir presque inutilisable sur un terrain très dur ou caillouteux.
Là encore, la meilleure solution dépend du lieu.
Réchaud et alimentation : rester simple
Le premier repas après une journée de marche possède toujours une saveur particulière.
Il n’a pourtant pas besoin d’être compliqué.
Pour une ou deux nuits, un petit réchaud, une popote et un récipient suffisent généralement. Les plats déshydratés sont pratiques, mais on peut tout aussi bien composer des repas simples à partir d’aliments faciles à transporter.
Je fais surtout attention à l'apport en énergie. Lorsque l’on marche plusieurs heures, certains aliments particulièrement riches en énergie deviennent beaucoup plus intéressants qu’ils ne le seraient au quotidien.
Le soir, je préfère aussi un repas facile à digérer. Une nuit agitée parce que le dîner était trop lourd n’est pas beaucoup plus agréable qu’une nuit perturbée par le froid.
Gardez toujours un moyen d’allumer votre réchaud indépendant de celui intégré à l’appareil. Un simple briquet de secours pèse peu et peut vous éviter de manger froid.
Les feux de camp sont une autre histoire. L’image est séduisante, mais leur utilisation est interdite dans de nombreux secteurs et peut devenir extrêmement dangereuse pendant les périodes sèches. Je préfère presque utiliser mon réchaud et laisser le bois là où il se trouve.
L’eau mérite une vraie préparation
C’est l’une des premières choses que je vérifie lorsque je prépare un itinéraire.
Où vais-je trouver de l’eau ?
Un torrent représenté sur une carte n’est pas nécessairement alimenté toute l’année. Une source connue peut être tarie après plusieurs semaines sans pluie. À l’inverse, transporter plusieurs litres dès le départ alourdit énormément le sac.
Lorsque l’itinéraire le permet, je préfère identifier plusieurs possibilités de ravitaillement et adapter la quantité transportée entre chaque point.
Une eau parfaitement claire n’est pas forcément potable. Selon les secteurs, la présence d’animaux ou d'humains en amont peut suffire à la contaminer. Un système de filtration ou de traitement adapté offre alors une sécurité supplémentaire mais l'idéal reste de la faire bouillir.
Les trois couches : une méthode simple pour s’habiller
Les vêtements de randonnée deviennent vite complexes lorsque l’on commence à regarder les catalogues techniques.
Pourtant, le principe des trois couches reste une excellente base.
La première couche se porte près du corps. Son rôle est d’évacuer l’humidité produite pendant l’effort.
La deuxième conserve la chaleur. Selon la saison, il peut s’agir d’une polaire, d’une veste isolante ou d’une doudoune.
La troisième protège des éléments extérieurs, en particulier du vent et de la pluie.
Ce système permet de s’adapter facilement aux changements de conditions sans devoir transporter plusieurs tenues complètes.
J’ajoute ensuite les accessoires en fonction de la saison : bonnet, sous-gants, tour de cou ou vêtements thermiques.
Le point auquel je tiens le plus reste cependant très simple : conserver au moins une couche sèche pour le camp.
Il suffit parfois d’une averse ou d’une forte transpiration pendant une montée pour comprendre la différence entre un vêtement légèrement humide et un vêtement parfaitement sec au moment de se coucher.
La lampe frontale : celle qu’on oublie jusqu’au moment où on en a besoin
Une lampe frontale semble presque inutile lorsqu’on prépare son sac en plein après-midi.
Quelques heures plus tard, elle devient indispensable.
Elle sert à installer le camp, préparer le dîner, chercher quelque chose au fond de la tente ou simplement sortir pendant la nuit.
Je la conserve toujours dans une poche facilement accessible et je vérifie sa charge avant de partir.
Si la randonnée comporte plusieurs nuits ou si les températures sont basses, une batterie ou des piles de secours peuvent être utiles. Le froid réduit parfois l’autonomie des batteries plus rapidement qu’on ne l’imagine.
Navigation et communication : ne pas dépendre uniquement du téléphone
Le smartphone a simplifié énormément de choses en montagne.
Cartes, GPS, météo, appareil photo, communication : un seul appareil remplit aujourd’hui une multitude de fonctions.
C’est précisément pour cette raison qu’il faut éviter d’en dépendre entièrement.
Une batterie peut se vider.
Un téléphone peut tomber.
L’écran peut devenir difficile à utiliser sous une pluie soutenue.
Je télécharge toujours les cartes nécessaires avant de partir afin qu’elles restent disponibles hors connexion. Sur un itinéraire isolé ou complexe, une carte papier et une boussole restent également de bonnes sécurités, à condition de savoir les utiliser.
Je préviens surtout un proche de mon parcours prévu et de mon heure approximative de retour.
Ce message prend moins d’une minute mais je sais qu'il peut sauver la vie.
Adapter son équipement à la saison, pas au calendrier
Un bivouac au mois d’août n’est pas nécessairement chaud.
À deux ou trois mille mètres, une nuit estivale peut être froide, venteuse et humide. À l’inverse, certaines journées d’automne peuvent rester étonnamment douces.
Je prépare donc mon sac en fonction des conditions météos et de l’altitude plutôt qu’en fonction de la saison.
Au printemps, la météo change parfois rapidement et les nuits restent froides. Il faut prendre plus de précautions pour le froid et pour l'humidité.
L’été permet souvent de réduire le poids, mais pas de supprimer toutes les couches chaudes. Un bonnet ou une veste isolante restent utiles dès que l’on bivouaque en altitude.
L’automne demande une attention particulière à l’humidité et à la durée du jour. Le camp doit être installé plus tôt et les températures chutent rapidement après le coucher du soleil.
L’hiver est une pratique différente. Le froid, la neige, la réduction de l’autonomie des batteries et les journées courtes nécessitent davantage d’expérience et un matériel spécifique.
Ce que je vérifie avant de fermer mon sac
Avec les années, ma liste s’est raccourcie.
Mais je continue à faire une vérification avant chaque départ.
Pour dormir
- Tente ou abri adapté aux conditions.
- Matelas et nécessaire de réparation.
- Sac de couchage correspondant aux températures prévues.
- Drap de sac.
- Vêtements secs réservés au camp.
- Taie d’oreiller si je compte utiliser ma doudoune ou mes vêtements comme coussin.
- Bonnet et sous-gants lorsque les températures le justifient.
Pour manger et boire
- Réchaud et combustible.
- Briquet de secours.
- Popote et couverts.
- Nourriture prévue avec une petite marge.
- Réserve d’eau.
- Système de filtration ou de traitement lorsque le parcours l’exige.
Pour la sécurité
- Téléphone chargé.
- Carte téléchargée hors connexion.
- Batterie externe selon la durée du séjour.
- Lampe frontale.
- Petite trousse de premiers secours.
- Couverture de survie.
- Sifflet.
- Protection solaire.
- Veste imperméable.
Avant de partir
- Consulter une dernière fois la météo.
- Vérifier la réglementation du secteur.
- Vérifier les possibilités de ravitaillement en eau.
- Transmettre mon itinéraire à un proche.
Et je prends quelques secondes pour regarder mon sac pour ne rien emporter d'inutile.
Le bivouac s’apprend surtout en bivouaquant
On peut lire des dizaines de guides, comparer des centaines d’équipements et préparer son sac jusque dans les moindres détails.
Il arrivera toujours quelque chose auquel on n’avait pas pensé.
C’est normal.
Chaque nuit passée dehors apprend quelque chose : la manière dont notre corps réagit au froid, la quantité d’eau dont nous avons réellement besoin, le type de matelas que nous préférons ou les objets que nous transportons sans jamais les utiliser.
Je conseille donc de commencer simplement.
Une nuit.
Un itinéraire connu.
Une météo favorable.
Un compagnon avec un peu d’expérience.
Puis rentrer, vider le sac et regarder ce qui a vraiment servi.
C’est probablement la meilleure méthode que je connaisse pour préparer le bivouac suivant.
En conclusion : apprendre à mieux dormir dehors
Le bivouac demande un peu d’apprentissage.
On peut préparer son itinéraire avec soin, choisir un bon duvet, optimiser le poids de son sac et malgré tout découvrir, une fois la nuit tombée, un détail auquel on n’avait pas pensé.
C’est aussi ce qui rend cette pratique attachante.
Chaque sortie permet d’affiner son équipement, de mieux comprendre sa sensibilité au froid, de revoir la manière dont on organise son sac et de distinguer progressivement ce qui est réellement utile de ce qui ne l’est pas.
Au final, l'expérience permet de réduire le risque de mauvaises surprise et de profiter au mieux des moments merveilleux qu'une nuit en montagne peut offrir.
Guillaume Arbel Fondateur de Maison de la Soie et passionné de randonnée, d'escalade, de ski et de montagne en général
Les quelques grammes de confort qui font la différence
En bivouac, chaque objet doit mériter sa place dans le sac. Léger, compact et agréable au contact de la peau, le drap de sac en soie fait partie de ces accessoires discrets que l’on apprécie vraiment une fois la nuit tombée.
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